Projet

Une vingtaine de responsables de la FREE voyagent en Inde avec Stéphane Hofer

Du 16 au 24 mars, une vingtaine de responsables de la FREE voyagent dans le nord de l’Inde à la découverte de ce que développe sur place la mission Empart. Stéphane Hofer, le responsable de Empart en Suisse, pilote ce voyage. Il nous dit ici les raisons qui l’ont poussé à organiser un tel périple.

Stéphane Hofer, pourquoi ce voyage de pasteurs en Inde ?
C’est un rêve que je caresse depuis longtemps. Notre désir avec Empart, c’est de développer un partenariat entre les Eglises de l’Inde et les Eglises de Suisse. Un partenariat, ça doit aller dans les deux sens. Souvent on s’est dit : « L’Europe doit soutenir l’Inde, parce que ce pays est pauvre et beaucoup de gens là-bas n’ont pas entendu l’Evangile. » Ce voyage de pasteurs, c’est l’occasion pour moi de voir des pasteurs indiens bénir des pasteurs suisses. Nous, nous avons des choses à leur apporter, mais eux, ils vont aussi apporter quelque chose dans la vie de ces pasteurs, notamment leur premier amour pour le Christ, leur passion pour les perdus, leur fraîcheur. Beaucoup sont chrétiens depuis peu et ça nous fait du bien à nous chrétiens occidentaux de découvrir ce que cela peut représenter d’être tout neuf dans la découverte de l’Evangile.

Un tel voyage va-t-il susciter un tremblement de terre dans la vision de la foi de certains des pasteurs qui vous accompagnent ?
Généralement, les pasteurs qui acceptent de venir sont ouverts et ont pas mal voyagé. Pour certains, ça ne va pas être une surprise. Mais le fait de voyager et de vivre cela à 22, ça va constituer un encouragement pour nos communautés et pour ces pasteurs.

Lorsque vous allez en Inde, qu’est-ce qui vous frappe dans le christianisme indien ?
La fraîcheur. C’est comme si la foi chrétienne était là-bas un message totalement révolutionnaire. Le message annoncé est très simple : « Dieu a tant aimé le monde ». Il n’y a pas de fioritures. C’est le message du Christ. Et cela suscite un intérêt énorme !

Pourquoi les Indiens sont-ils si surpris d’entendre ce message-là ?
Les Indiens sont extrêmement religieux. Les hindous font leurs actes d’adoration avec beaucoup de dévotion. Quand toute leur vie ils ont cherché Dieu en faisant des actes de sacrifice et d’adoration tous les matins et qu’ils se rendent compte que Dieu est venu nous chercher et nous rencontrer, c’est une véritable révolution pour eux !

Les personnes touchées par le message du Christ sont-elles plutôt issues des basses castes ou des « sans caste » ?
Dans un premier temps, c’était le cas. Maintenant, ça commence à changer. Avec la persécution majeure des chrétiens l’an dernier dans l’Etat de l’Orissa, les hindous ont mis en avant le fait que c’étaient les pauvres, ceux qui ne sont rien dans la société, qui s’étaient convertis à la foi chrétienne. Pour les hindous, ces conversions devaient permettre de grimper dans l’échelle sociale. Certains riches chrétiens ont alors réagi et ont témoigné publiquement de leur foi. Ils ont souligné qu’ils n’avaient jamais reçu d’argent et qu’ils étaient eux aussi devenus chrétiens.
C’est clair toutefois que c’est plus facile pour les gens des basses castes de devenir chrétiens que pour les gens des hautes castes. En Inde, les gens ne sont pas individualistes, ils font tout en famille. Si quelqu’un possède une entreprise, il y a de fortes chances que ce soit sa famille qui ait investi dans cette entreprise. Si cette personne devient chrétien, sa famille le rejette… Cette personne ne perd alors pas seulement sa famille, mais ses appuis financiers… Voilà pourquoi les nantis de cette société sont plus discrets sur leur vie de foi que les plus pauvres.

Concrètement avec Empart qu’est-ce que vous avez essayé de développer sur place ?
Nous développons des Eglises locales. Pour nous, tout doit émaner de l’Eglise locale. Notre objectif, c’est que chaque région crée sa propre dynamique communautaire. Le système des castes est certes aboli, mais si vous habitez dans tel ou tel village ou dans telle ou telle région, on perçoit tout de suite votre niveau social. Chaque Eglise a donc besoin d’une stratégie particulière pour toucher sa propre communauté.

Cette manière de faire ne va-elle pas perpétuer le système de castes ?
Non ! Notre objectif final est de rassembler ces Eglises locales par-delà le système de castes. Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est que nous en Suisse, nous pensons ne pas vivre comme cela, mais en fait nous fonctionnons aussi ainsi, même si c’est moins voyant. Notre objectif est donc de rassembler ces Eglises. Les rencontres de pasteurs permettent déjà cela. Sur le terrain, il n’est toutefois pas possible de mettre un brahmane chrétien à côté d’un dalit, un « sans caste », chrétien.

Comment vous est venue l’idée de vous impliquer dans un pays comme l’Inde ?
C’est Dieu ! J’ai grandi dans une ferme et j’ai pensé que j’allais reprendre le domaine. Après mon apprentissage, j’ai effectué un échange agricole en Australie où je faisais du tracteur 12 heures par jour. Là, je me suis posé des questions sur le sens de la vie et Dieu s’est révélé clairement à moi. Il m’a montré qu’il cherchait une relation avec les humains. Je lui ai dit : « Seigneur, je vais où tu veux. »
En Australie toujours, j’ai rencontré un Indien, Jossy Chacko, qui m’a parlé de son désir de démarrer quelque chose en Inde. J’ai senti que si je voulais faire la volonté de Dieu, c’est avec lui qu’il fallait que je travaille.
En 1998, nous avons effectué notre premier voyage sur place. Pendant 3 mois, nous avons parcouru le nord de l’Inde. Nous avons tout vécu. Nous avions besoin l’un de l’autre. J’avais le Guide du routard, lui était encore très « homme d’affaires ». Ça n’était pas facile pour Jossy. Je m’en sortais presque mieux que lui… Nous sommes entrés en contact avec toutes sortes d’Eglises, mais notamment avec une à Chandigarh. Et c’est comme cela qu’Empart a commencé à travailler aux développements d’Eglises locales en Inde, en lien avec cette communauté de Chandigarh.
Propos recueillis par Serge Carrel

Conférence nationale des coordinateurs Empart
C’est une rencntre qui a lieu une fois par année avec tous les responsables des différentes communautés (chacun est responsable de 3-20 communautés). Possibilité d’enseigner ces hommes mais aussi de voir comment fonctionne la communication entre les visionnaires et ceux qui sont sur le terrain.

Visite de centres de fromations
Ce sont les lieux où pendant une année des jeunes hommes apprennent les bases bibliques, où l’on trasnmet les compétences pour l’implantation d’Eglises et le développement du caractère. Nous aurons le privilège de vivre la promotion des centres de formation, c’est-à-dire la journée où nous prions et envoyons les nouvequx bâtisseurs d’Eglises.

Un temps de formation et de coaching sur l’implantation d’Eglises et une vision de la mission dans un nouveau paradigme, animé par Jossy Chacko.

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